French Sculpture Census

LA SCULPTURE FRANÇAISE À L'EXPOSITION INTERNATIONALE DE PHILADELPHIE EN 1876

Ce travail précis et complet est le résultat d'un stage de l'Ecole du Louvre effectué à Philadelphie en juillet et août 2013 par Camille JOLIN, élève de Master 1 de Muséologie à l'Ecole du Louvre. Bravo à elle !
Ce stage a bénéficié du soutien financier de French Heritage Society / Student Exchange Program. Qu'ils soient chaleureusement remerciés !
Laure de Margerie

1876 International Exhibition Official Catalogue
L’exposition universelle de 1876, officiellement appelée Centennial Exhibition of Arts, Manufactures and Products of the soil and mine (ill. 1), est la deuxième exposition universelle organisée aux États-Unis après celle de New York en 1853-1854. En effet, après la fin de la Guerre civile, les Américains commencent à préparer la célébration du centenaire de la nation en 1876. Plusieurs citoyens de Philadelphie proposent que l’exposition se tienne dans leur ville, lieu de la signature de la déclaration d’indépendance des États-Unis d’Amérique et une décision est prise en ce sens en janvier 1870. Par la suite, le corps législatif de Pennsylvanie soutient cette résolution et celle-ci est soumise au Congrès. En mars 1870, une loi est présentée à la Chambre des Représentants et, après plusieurs amendements, elle est adoptée par le Congrès le 3 mars 1871.

Cette loi crée une Commission composée d’un délégué pour chaque État et territoire, nommé par le Président pour un an. La principale responsabilité de cette Commission est de « préparer et superviser l’exécution d’un plan pour la tenue d’une exposition, et, après délibération avec les autorités de la ville de Philadelphie, de définir un endroit à l’intérieur de ladite ville, où l’exposition devra avoir lieu ». La Commission est chargée de tenir ses réunions à Philadelphie. La loi rend très clair le fait que, bien que créée par un « Act » du Congrès, la commission ne peut accepter d’argent du Trésor des États-Unis comme indemnités pour ses membres ou pour toute autre dépense concernant l’exposition elle-même.

En 1871, le Président Grant nomme les différents commissaires et le premier rendez-vous est prévu pour le 4 mars 1872. La Commission est entérinée par un « Act » du Congrès le 1er juin 1872, qui crée également le Centennial Board of Finance. La commission ne se réunit que neuf fois, de mars 1872 au 15 juin 1879, date de sa suspension, une fois la comptabilité close. Ses responsabilités sont principalement prises en charge par un Comité exécutif formé en mai 1872 et composé de treize membres, qui à leur tour choisissent un directeur général, à qui tous les bureaux et comités secondaires sont tenus de se référer. Agissant en coopération avec les directeurs du Centennial Board of Finance, le Comité exécutif garde le contrôle de l’installation et du jugement de l’exposition.

Les terrains utilisés par l’Exposition internationale ont été récemment acquis par la ville de Philadelphie comme faisant partie de Fairmount Park. Le 4 juillet 1873, une étendue d’environ 450 hectares surplombant la rive gauche de la rivière Schuylkill est officiellement transférée à la Commission pour y organiser l’exposition. Un an  plus tard, la construction des bâtiments débute. À la demande du Congrès, le Président invite les nations étrangères à participer à l’exposition le 5 juin 1874.

L’Exposition internationale ouvre au public le 10 mai 1876 et ferme le 10 novembre de la même année. Elle est couronnée de succès, puisqu’elle accueille près de dix millions de personnes en six mois.

COMMENT L’ENVOI FRANÇAIS A ÉTÉ CHOISI

Le rapport de la Commission supérieure en charge de l’Exposition universelle de Philadelphie donne la composition du comité d’admission pour la sculpture, d’après un arrêté du Ministre de l’Agriculture et du Commerce du 17 janvier 1871 :
MM. Guillaume, membre de l’Institut et de la Commission supérieure, président.
         Carrier-Belleuse, statuaire.
         Cavelier, membre de l’Institut.
         Dubois (Paul), statuaire.
         Guéret, sculpteur-ornemaniste.
         Jouffroy, membre de l’Institut.
         Mène, sculpteur.
         Millet (Aimé), statuaire.
         Le Sous-Chef du bureau des Beaux-Arts, secrétaire [i].
Le rapport précise également que le Comité nommé par le gouvernement pour faciliter et encourager la présence des nationaux français à l’Exposition de Philadelphie a fixé la date de clôture des admissions au 15 septembre 1875. Toutefois, on peut lire dans le journal French American daté du 24 novembre 1875 [ii] :
« Les artistes français qui désirent prendre part à l’exposition internationale de Philadelphie sont invités à vouloir bien faire parvenir, le plus tôt possible et avant le 16 novembre, leur demande d’admission, avec tous les renseignements nécessaires à la rédaction du catalogue, au commissaire général des expositions internationales, hôtel de Cluny, rue du Sommerard, Paris. »
Le même article ajoute que :
« Les ouvrages d’art destinés à l’Exposition seront reçus à l’hôtel de Cluny, du 1er au 15 janvier 1876, pour être soumis au comité d’examen institué pour les expositions internationales [iii]»

LE TRANSPORT DES SCULPTURES FRANÇAISES

                Une lettre du 8 juillet 1875, adressée par le président de la Compagnie générale transatlantique aux commissaires généraux du gouvernement français, résume les conditions de transport des œuvres et des artistes français à Philadelphie. Le trajet par bateau se fait au départ du Havre, et les exposants français bénéficient d’une réduction de 30%, à savoir :

Billet simple

1e classe

2e classe

3e classe

 

Plein tarif

Tarif réduit

Plein tarif

Tarif réduit

Plein tarif

Tarif réduit

 

625f

427f 50c

370f

259f

200f

140f

 

Billet aller-retour (valable un an)

1e classe

2e classe

3e classe

 

Plein tarif

Tarif réduit

Plein tarif

Tarif réduit

Plein tarif

Tarif réduit

 

1 100f

770f

660f

462f

362f

252f

 

En revanche, le trajet Paris-Le Havre reste à la charge des exposants, la compagnie du chemin de fer de l’Ouest ayant refusé toute réduction en leur faveur.

                Quant aux œuvres destinées à l’exposition, la Compagnie transatlantique se charge de leur transport du Havre à New York, pour un prix unique de 25 francs/m3 ou 25 francs/1000 kg, suivant la nature de la marchandise. Toutefois, les matériaux et vitrines destinés à l’installation des œuvres au sein de l’exposition bénéficient d’une réduction de 30%, soit un prix de 17, 50 francs. Par ailleurs, la Compagnie propose aux artistes de transporter leurs œuvres depuis Paris jusqu’à Philadelphie même, à condition qu’ils s’engagent à payer, en plus du fret indiqué ci-dessus, « les frais de transport, depuis leur usine, fabrique ou magasin jusqu’au Havre, sur le quai, le long [des] paquebots » et « les frais depuis [leur] wharf à New York jusqu’à l’Exposition de Philadelphie [iv] ».

                Le 5 août 1875, le Journal officiel publie les informations définitives concernant le transport des œuvres à l’Exposition de Philadelphie [v]. Ces informations sont reprises mot pour mot par la presse et font l’objet d’un article dans le French American le 26 août de la même année, et dans Le Bulletin de New York le 30 août [vi]. La Compagnie des chemins de fer de l’Ouest n’ayant pas consenti des réductions suffisantes, le Comité supérieur a fait appel à la Compagnie du touage de la Seine pour le trajet Paris-Le Havre, pour la somme de 11 francs par tonne. Grâce à cette réduction et aux 50% de réduction offerts par le chemin de fer pennsylvanien pour le trajet de New York à Philadelphie, les prix de transport des colis français sont fixés comme suit :
« Prix unique pour tous colis, œuvres d’art et produits industriels ou agricoles de toute nature, sans distinction, pris à Paris chez l’exposant et rendus à Philadelphie dans le local même de l’Exposition, y compris le transport par la Seine et l’assurance de Paris au Havre, le chemin de fer de New-York à Philadelphie, les camionnages et la manutention à Paris et aux ports d’embarquement et de débarquement, par tonne de 1,000 kilogrammes, ou par mètre cube, selon la nature des produits expédiés, 60 francs ;
Prix unique pour tous colis, matériel d’installation, vitrines, étagères, glaces, etc., expédiés dans les mêmes conditions, 52 fr. 50 cent.
Les exposants qui préfèreront à la voie de la Seine le transport par les chemins de fer de l’Ouest de Paris au Havre payeront la différence en plus
[…]. »
Le rapport précise également que les compagnies de chemin de fer ont adopté des réductions tarifaires pour les œuvres expédiées depuis différents points du territoire français pour être embarqués au Havre :
« Chemin de fer d’Orléans : tarif spécial d’exportation D, n°43 ;
Chemin de fer du Nord : tarif n°8 G.V. et n°14 P.V., payement intégral à l’aller, gratuit au retour ;
Chemin de fer de l’Est : tarifs spéciaux G.V. n°20, P.V. n°55, conditions analogues ;
Chemin de fer de Lyon-Méditerranée : tarifs spéciaux G.V.B. n°9 et P.V. n°69, retour gratuit jusqu’au point de départ.
 »

                Cependant, aucune information supplémentaire, ni dans la presse ni dans les documents officiels, n’indique à quel moment ont réellement eu lieu le transport des œuvres vers les États-Unis et le voyage des artistes. Le seul indice dont on dispose est donné par le journal Zigzags à la plume à travers l’art du 28 mai 1876 :
« Les envois de nos artistes français sont, depuis quelques temps, déjà arrivés à Philadelphie, et, en attendant l’achèvement du Memorial Hall, ils ont été momentanément déposés dans un compartiment spécial, à l’abri de l’humidité et de tous les accidents qui pourraient les endommager. [vii]»

LES SCULPTURES FRANÇAISES À L’EXPOSITION DE 1876

                Le rapport de la Commission supérieure fournit la liste des sculptures françaises exposées à Philadelphie en 1876 [viii] :

ARSON (Alphonse), né à Paris, élève de M. Combette. – Quai Jemmapes, 10, Paris.
356         Dispute de perdrix ; groupe bronze argenté.
357         Oiseaux des îles : coupe vieil argent.

BARRIAS (Ernest-Louis), né à Paris, élève de MM. Cavelier et Jouffroy. – Avenue Montaigne, 37, Paris.
Prix de Rome 1865, médaille 1870, 1re médaille 1872, médaille pour l’Art à l’Exposition universelle de Vienne 1873.
358         La Fileuse de Mégare ; statue bronze argenté.

BARTHOLDI (Frédéric-Auguste), né à Colmar, élève d’A. Scheffer. – Rue Vavin, 40, Paris.
Chevalier de la Légion d’honneur 1863.
359         Le jeune vigneron ; statue bronze (ill. 7).
360         Génie funèbre ; statue bronze.
361         Les Loisirs de la paix ; groupe bronze.
362         Le Génie dans les griffes de la Misère ; groupe bronze.

BERTAUX (Mme Léon), née à Paris, élève de MM. Hébert et A. Dumont. – Rue du Faubourg-Saint-Honoré, 233, Paris.
Médailles 1864 et 1867, 2e classe 1873.
363
         Jeune fille au bain ; statue bronze.
364         Buste de femme ; marbre.

BLANCHARD (Jules), né à Puiseaux (Loiret), élève de M. Jouffroy. – Rue Madame, 74, Paris.
Médailles 1866 et 1867, 2e classe 1873. Médaille pour l’Art à l’Exposition universelle de Vienne 1873.
365
         Un jeune équilibriste ; statue bronze.

CAILLÉ (Joseph-Michel), né à Nantes, élève de Duret et de M. Guillaume. – Rue d’Enfer, 39, Paris.
Médailles 1868 et 1870, médaille 2e classe 1874. Médaille pour l’Art à l’Exposition universelle de Vienne 1873.
366
         Bacchant jouant avec une panthère ; groupe bronze.

CAIN (Auguste), né à Paris, élève de M. F. Rude. – Rue de l’Entrepôt, 19, Paris.
Médaille 3e classe 1851, rappel 1863, médaille 3e classe 1867 (E.U.), chevalier de la Légion d’honneur 1869, médaille pour l’Art à l’Exposition universelle de Vienne 1873.
367
         Nid de faisans ; groupe bronze.
368         Combat de coqs ; groupe bronze.

CAMBOS (Jules), né à Castres (Tarn), élève de M. Jouffroy. – Boulevard Montparnasse, 81, Paris.
Médailles 1864 et 1866, médaille 3e classe 1867 (E.U.).
369         La Cigale ; statue bronze.
370         La Femme adultère ; statue bronze.
CECIONI. – Rue Saintonge, 9, Paris, chez M. Louis Martin, fondeur.

371         L’Enfant au coq ; statuette métal nouveau inoxydable (ill. 8).
CHATROUSSE (Émile), né à Paris, élève de F. Rude et d’Abel de Pujol. – Rue Notre-Dame-des-Champs, 115, Paris.
Médaille 3e classe 1863, médailles 1864 et 1865.
372         Héloïse et Abélard (dernier adieu) ; groupe bronze.

CORDIER (Charles), né à Cambrai (Nord), élève de F. Rude. – Boulevard Saint-Michel, 115, Paris.
Médaille de 3e classe 1851, 2e classe 1853, rappel 1857, chevalier de la Légion d’honneur 1860.
373
         Prêtresse d’Isis ; statue bronze émaillé.
374         Jeune femme grecque ; buste bronze.
375         Femme fellah ; buste bronze.
376         Christophe Colomb ; réduction bronze.
377         Lampadaire, Femme arabe ; onyx et bronze.

CRAUK (Gustave), né à Valenciennes (Nord), élève de Pradier. – Rue de Vaugirard, 144, Paris.
Prix de Rome 1851, médaille 3e classe 1857, 2e classe 1859, 1e classe 1861, rappel 1863, chevalier de la Légion d’honneur 1864, médaille 1e classe 1867 (E.U.), médaille pour l’Art à l’Exposition universelle de Vienne 1873.
378
         Le Maréchal de Mac-Mahon ; statuette bronze argenté. (Appartient au colonel d’Abzac.)

DALOU (Jules), né à Paris, élève de Duret et de Carpeaux. – Place Jussieu, 7, Paris, chez M. Legrain.
Médaille 1870.
379
         La Brodeuse ; statuette bronze argenté.

DEVAUX (François-Alexandre), né à Fécamp (Seine-Inf.), élève de l’École municipale de Rouen. – Rue de la Croix-Verte,  6, à Rouen.
380         Feu Louis Bouilhet, auteur dramatique ; buste marbre.

DOUBLEMARD (Amédée-Donatien), né à Beurin (Aisne), élève de Duret. – Rue Billaut, 13, Paris
Prix de Rome 1855, médaille de 3e classe 1863.
381
         L’Éducation de Bacchus, groupe bronze.
382         Le Scapin de Molière ; statue bronze.

DUBUCAND (Alfred), né à Paris, élève de M. Lequien et de Barye. – Rue Amelot, 136, Paris.
383         En chasse au Sahara ; groupe bronze.
384         Chasse à l’autruche ; groupe bronze.

DURST (Marius), né à Paris, élève de F. Rude. – Avenue Saint-Germain, 51, à Puteaux (Seine).
385         Un Rieur ; buste bronze.

FELON (Joseph), né à Bordeaux. – Rue Thiboumery, 13 bis, Vaugirard-Paris.
Médaille de 3e classe 1861, rappel 1863.
386         L’Océanie ; statue pierre.
387         L’Heure du repos ; statuette marbre.
388         La Navigation ; buste bronze. (Voir Dessins.)

GAUTHERIN (Jean), né à Ouroux (Nièvre), élève de Gumery et de MM. A. Dumont et P. Dubois. – Rue d’Assas, 84, Paris.
Médaille 1868 et 1870, médaille 3e classe 1873.
389
         Deux bons amis ; groupe marbre.

GIRARD (Noel-Jules), né à Paris. – Rue de Rocroy, 23, Paris.
Médaille 2e classe 1852.
390         Iphigénie sacrifiée ; statue marbre.

GOBINEAU (Joseph-Arthur, comte de), né à Ville-d’Avray (Seine-et-Oise). – A Stockholm (Suède), à l’ambassade de France.
391         Walkyrie après la victoire ; buste marbre.
392         Queen Mab ; buste marbre.
393         L’Etoile du soir ; médaillon marbre.

HELLER (Florent-Antoine), né à Saverne (Alsace). – A la Providence (États-Unis d’Amérique) et à Paris, rue Saint-André, 16, à Montmartre, chez M. Franz.
Médaille 1870 (Gravure en pierres fines).
394         Un cadre contenant :
Quatre médaillons argent ;
1° Le Temps et les Saisons ;
2° L’Alsace esclave ;
3° En mémoire du Centennial Américain.
4° Aux sauveteurs des États-Unis pour le concours de Washington.
Six frises en Argent :
La Famille : les Fiançailles ; la Course aux chars ; l’Ecole de tir ; les Dieux de l’onde ; Plaisirs antiques.
Quatre médaillons en argent :
1° Hercule enfant ;
2° Neptune ;
3° et 4° Portraits.
Épreuves en cire de Camées artistiques.

ITASSE (Adolphe), né à Lourmarin (Vaucluse), élève de Belloc et de M. Jacquot. – Rue du Faubourg-Saint-Honoré, 233, Paris.
395         Le Sabot de Noël ; statuette marbre.
396         La Naissance de l’Amour ; statuette marbre.
397         Le Jour et la Nuit ; groupe marbre.
398         L’Amour au pantin ; statuette marbre.
399         Jean qui pleure et Jean qui rit ; bustes marbre.
400         Repos et tourment du monde ; statuettes marbre.
401         L’Enfant à la Colombe ; statuette marbre.
402         L’Enfant à l’Escargot ; statuette marbre.
403         L’Amour endormi ; statuette marbre.
404         Dernière lueur ; statuette marbre.

LANSON (Ernest), né à Orléans, élève de M. A.-L. Dantan et de l’École municipale d’Orléans. – Rue d’Enfer, 37 et 40, Paris.
405         Bianca ; buste marbre.
« Tantôt elle peignait ses longues tresses blondes,
Tantôt elle voyait courir les vertes ondes,
Ou regardait sans voir, ou, laissant là ses yeux,
Suivait un beau nuage égaré dans les cieux. »
(Poésie d’Auguste Barbier.)

LECHESNE (Auguste-Jean-Baptiste), né à Caen. – Rue Saintonge, 9, à Paris, chez M. Louis Martin, fondeur.
Médaille 2e classe 1848, chevalier de la Légion d’honneur 1855.
406         Perroquet ; groupe bronze.
407         Huppes ; groupe bronze.

LE COINTE (Aimé-Joachim-Léon), né à Paris, élève de Klagmann et de Toussaint. – Rue Saintonge, 9, à Paris, chez M. Louis Martin, fondeur.
408         L’Adieu, statuette bronze.
409         Vase de la Paix.
Bas-reliefs circulaires : la Science, les Lettres, les Arts, l’Industrie et le Commerce. – Médaillons du pied : Périclès, Auguste, Léon X, Louis XIV.

LOISON (Pierre), né à Mer (Loir-et-Cher), élève de David d’Angers. – Boulevard Lannes, 11, Paris-Passy.
Médaille 3e classe 1845, 1e classe 1853, rappel 1859, chevalier de la Légion d’honneur 1859.
410         La jeune Convalescente ; groupe marbre.

MARCELLIN (Jean-Esprit), né à Gap, élève de Rude. – Passage Gourdon, 10, boulevard Saint-Jacques, 67, Paris.
Médaille 2e classe 1851 et 1855, rappel 1857 et 1859, chevalier de la Légion d’honneur 1862.
411         Cypris allaitant l’Amour ; statue bronze.

MARTIN (Félix), né à Neuilly (Seine), élève de Duret et de MM. Loison, Guillaume et Cavelier. – Rue de Villiers, 30, aux Ternes-Paris.
412         Louis XI à Péronne ; statue bronze.
413         Une Chasse au nègre ; groupe bronze.

MARTIN (Georges), né à Neuilly (Seine), élève de M. Morlay. – Rue de Villiers, 30, aux Ternes-Paris.
414         Portrait de l’impératrice Joséphine ; camée sur onyx.
415         Portrait de Benjamin Franklin ; camée sur onyx.

MÉGRET (Louis-Nicolas-Adolphe), né à Paris, élève de Duret et de M. Jouffroy. – Rue Michel-Ange, 9 bis, Paris-Auteuil.
416         David enfant ; statue bronze.

MÈNE (Pierre-Jules), né à Paris, élève de R. Compère. – Rue de l’Entrepôt, 19, Paris.
Médaille 2e classe 1848, 1re classe 1852, 3e classe 1855, rappel de 1re classe 1861, chevalier de la Légion d’honneur 1851, médaille pour l’Art à l’Exposition universelle de Vienne 1873.
417
         Valet de chasse et sa harde ; groupe bronze.
418         Chasse en Ecosse ; groupe bronze.
419         Fauconnier à cheval ; bronze.

MOREAU-VAUTHIER (Augustin), né à Paris, élève de Toussaint. – Rue Notre-Dame-des-Champs, 70 bis, Paris
Médaille 1863, médaille pour l’Art à l’Exposition universelle de Vienne 1873.
420
         Jeune pâtre italien ; statue bronze.

MOULIN (Hippolyte), né à Paris, élève de Barye. – Rue de Vaugirard, 108, Paris.
Médaille 1864, 1867 et 1859, médaille pour l’Art à l’Exposition universelle de Vienne 1873.
421         Une trouvaille à Pompéï ; statuette bronze.
422         Un secret d’en haut ; groupe bronze.

PAUTROT (Jules), né à Vernon (Eure), élève de M. F. Pautrot. – Boulevard du Temple, 13, Paris.
423         Lutte de faucons ; groupe bronze.

PERREY (Aimé-Napoléon), né à Damblin (Doubs). – Rue du Cherche-Midi, 112, Paris.
Médaille 3e cl. 1852, rappel 1863, médaille 1868.
424         Jeune Chevrier jouant avec un écureuil ; groupe marbre.

RINGEL (E.-J.-C.-P. Désiré), né à Illsach (Alsace), élève de MM. Jouffroy et Falguière. – Rue Notre-Dame-des-Champs, 32, Paris, et rue Saintonge, 9, chez M.  L. Martin, fondeur.
425         Un Flûtiste ; statuette bronze argenté.

ROSS (Alfred), né à Tillières-sur-Avre (Eure), élève de M. Jouffroy. – Avenue de Breteuil, 78, Paris.
426         Bohémiens à la source ; statue bronze.

ROUBAUD (Louis-Auguste), né à Cerdon (Ain), élève de M. H. Flandrin et de Duret. – Rue Campagne-Première, 21, Paris.
Médaille 1865 et 1866.
427
         L’Hiver ; statue bronze.
428         Jeune fille ; buste marbre.
429         Enfant ; buste marbre.

SCHROEDER (Louis), né à Paris, élève de Rude et de M. A.-L. Dantan. – Rue d’Enfer, 39, Paris.
Médaille 2e classe 1852. Rappel 1857 et 1859.
430
         L’Art étrusque ; statue marbre.

VASSELOT (Anatole MARQUET de), né à Paris, élève de MM. Lebourg, Jouffroy et Oliva. – Rue Talma, 7, Paris-Passy.
Médaille 3e clase 1873.
431
         Chloé ; statue bronze.
432         Portrait de M. Auzou ; buste bronze.

WAAGE. – Rue Saintonge, 9, Paris, chez M. Louis Martin, fondeur.
433         Kabyle en chasse ; groupe bronze.

                La liste des envois français, soixante-dix-huit œuvres au total, montre que les bronzes, parfois argentés ou émaillés, sont clairement plus nombreux que les marbres (quarante-huit pour vingt-quatre), et on ne trouve qu’une seule statue en pierre. Sont aussi comptabilisés parmi les sculptures deux camées sur onyx de Georges Martin représentant les portraits de l’impératrice Joséphine et Benjamin Franklin, un médaillon en marbre de Gobineau intitulé L’Etoile du Soir, un cadre en argent par Heller, une coupe en argent d’Alphonse Arson, ainsi que le Vase de la Paix de Le Cointe, dont le matériau n’est pas précisé. On retrouve ces différentes œuvres dans le catalogue officiel de l’exposition, sous une numérotation différente [ix].

Bartholdi, Bras et torche de la Statue de la Liberté, Philadelphie
                En outre, Bartholdi devait exposer, à l’occasion du centenaire de la signature de la Déclaration d’indépendance des États-Unis d’Amérique, la Statue de la Liberté [x]. Mais quelques soucis, notamment financiers, retardent la construction et seuls le bras et la main tenant la torche (ill. 2) peuvent être montrés lors de l’Exposition. Les visiteurs ont la possibilité de monter jusqu’au balcon situé autour de la torche par une échelle, moyennant 50 cents. Des photographies, des affiches et des maquettes de la statue sont vendues durant l’Exposition afin de récolter des fonds pour poursuivre la construction. Après sa fermeture, la sculpture est envoyée à New York et exposée à Madison Square. Elle sera finalement inaugurée le 28 octobre 1886.

Bartholdi, Fontaine de la Lumière, Washington
                Bartholdi est également le concepteur de la Fontaine de l’Eau et de la Lumière (ill. 3), située sur Belmont Avenue [xi]. Il s’agit de la personnification des deux déesses de la ville, ainsi que le rapporte John W. Forney, journaliste du Press en 1875. Il en fait la description suivante :
Three colossal nymphs of exquisite form upbear a wide circular shield into which the water falls from other figures, while ten lamps held up by as many beautiful arms shed light at night from their gas-globes, … but the water is to flow forever. This rich and delicate group would cover some twenty feet, and rise about forty. All he asks is that our authorities should supply the water and the light. It is the joint production of M. Bartholdi and a Paris moulder of distinction [M. Durenne]. [xii]
Après l’exposition, la fontaine est déplacée à Washington, D.C., face au Jardin botanique, au croisement d’Independence Avenue et de 1st Street SW.

L’INSTALLATION DES ŒUVRES À L’EXPOSITION UNIVERSELLE

Memorial Hall, Please Touch Museum, Philadelphie
Lors de l’Exposition universelle de Philadelphie, un bâtiment spécifique est dédié aux Beaux-Arts. Il s’agit du Memorial Hall (ill. 4), un bâtiment permanent de granite, de verre et de fer long de 365 pieds (soit environ 112 mètres). Cet ouvrage néo-Renaissance a coûté à l’État de Pennsylvanie 1 500 000$. Mais il apparaît très rapidement que le bâtiment n’est pas assez vaste pour contenir toutes les productions artistiques venues du monde entier et l’on construit à l’arrière du Memorial Hall un second édifice, cette fois-ci temporaire, que l’on appelle l’Annexe. [xiii]

On dispose d’indications très détaillées concernant les modalités d’installation des œuvres à l’exposition, à travers le rapport de la Commission supérieure, qui reprend un extrait du règlement américain, signé par A. T. Goshorn, directeur général, et Henry Pettit, chef du bureau d’installation. Les exposants peuvent disposer de leur emplacement comme ils l’entendent : soit en plaçant simplement les œuvres au sol, soit en les disposant sur une estrade, soit en utilisant des comptoirs pour les arranger, soit en élevant des colonnes, soit enfin en utilisant des vitrines. Si l’emplacement est gratuit, le matériel d’exposition (vitrines, estrades, etc.) reste à la charge de l’exposant. Par ailleurs, il ne doit pas dépasser les dimensions suivantes : « Vitrines et compartiments, quinze pieds au-dessus du parquet ; comptoirs, deux pieds dix pouces au-dessus du parquet ; plates-formes, un pied au-dessus du parquet ». Les exposants ont également le droit d’installer une balustrade de deux pieds six pouces de hauteur autour de l’emplacement qui leur est attribué.  Tous les arrangements doivent être terminés au plus tard le 1er mai 1876 [xiv]. Or il apparaît que cette dernière condition n’a pu être respectée. En effet, un article du Daily Times daté du 5 juin 1876 rapporte que de nouvelles caisses de sculptures arrivent tous les jours, qu’elles sont entreposées dans la rotonde du Memorial Hall, et que dans l’attente du catalogue, il est difficile d’en déterminer le sujet [xv].

Plan du Memorial Hall et de l'Annexe, Philadelphie, 1876
Par ailleurs, le catalogue réédité de l’exposition, basé sur une troisième numérotation, fournit des informations sur la répartition des sculptures françaises dans les salles d’exposition : en effet, la liste des œuvres est établie en fonction de leur emplacement dans les espaces d’exposition du Memorial Hall et de l’Annexe [xvi] (ill. 5). L’appellation des galeries du Memorial Hall change suivant les plans, mais en croisant les indications du catalogue avec celles d’un article sur « La sculpture française, belge et hongroise » publié par The Evening Telegraph le 16 octobre 1876 [xvii] et celles du guide de James D. McCabe [xviii], on peut avoir une idée très précise de la répartition des sculptures françaises à l’exposition [xix].

L’ICONOGRAPHIE DES SALLES FRANÇAISES

Galerie E, Memorial Hall, d'après Norton, Philadelphie, 1876
Afin de comprendre comment les sculptures françaises ont été présentées à l’exposition de Philadelphie, il faut se fier à l’iconographie des galeries. Malheureusement, celles-ci sont extrêmement rares pour la section française. Une gravure (ill. 6) publiée par Norton dans son Illustrated historical register of the Centennial Exposition nous montre la galerie E, la principale galerie française dans Memorial Hall, agrémentée d’un éclairage zénithal : en effet, on reconnaît sur la droite la Femme arabe de Cordier, debout sur un socle [xx]. Il existe également une gravure de moindre qualité, publiée par Frank Leslie dans son ouvrage sur l’exposition, qui montre la même salle sous un angle différent [xxi]. On retrouve la sculpture de Cordier au fond à gauche, tandis qu’au premier plan, on peut voir apparaître Le Jeune Vigneron de Bartholdi présenté sur un socle, qui n’était pas visible sur la gravure précédente. Il semble qu’il n’existe pas de gravures ou de photographies des autres salles françaises qui nous permettraient de mieux connaître les sculptures et leur mise en scène.

LA RÉCEPTION DES SCULPTURES FRANÇAISES

Le rapport de la Commission supérieure donne la liste des sculpteurs récompensés à l’issue de l’exposition. Ils sont au nombre de quatorze : Bartholdi, Blanchard, Caillé, Cambos, Cordier, Dalou, Doublemard, Heller, Le Cointe, Mène, Moreau-Vauthier, Moulin, Ross, Vasselot.
Ce rapport, rédigé par Jules-Émile Saintin en ce qui concerne la sculpture, se veut très élogieux : « La sculpture française a obtenu un très grand succès, tant auprès du public qu’auprès des jurés ; nous n’avons pas à nous étonner de ce résultat. On retrouve, en effet, dans les salles la plupart des morceaux remarquables qui ont été jugés et applaudis depuis plusieurs années, et qui mettent en évidence l’élévation du style, la pureté et les fortes études qui, dans notre pays, distinguent l’art de la statuaire. [xxii] » A la lecture du rapport concernant les récompenses publié par le jury et de divers articles de la presse américaine, il apparaît que les œuvres en bronze sont les plus remarquables : « the works in the French exhibit that commanded attention were in bronze [xxiii] » ; « The bronze figures and groups in the French collection of statuary are, as a rule, superior to those in marble. [xxiv] » De même, il semble que les artistes français seuls ont su s’inspirer de l’Antiquité, sans pour autant imiter leurs prédécesseurs :
Indeed, the French alone, among the moderns, seem to have caught something of the true spirit of Greek art, and their sculpture, while distinctively modern in conception and execution, even when a choice is made of classic themes, is nevertheless marked by much of the grace, dignity, and appreciation of the refinements of form that distinguish remnants of Greek art that have come down to us. Such a statue, for instance, as Louis Schroeder’s Etruscan art No 118 in the main French gallery in the Memorial Hall, is very modern and very French, but the idealization of the human form that has been attempted is not a mere imitation of Greek work […] but it is just what the best classic work is, an idealization based upon nature, and it could only have been produced by a sculptor who had obtained his knowledge of the human form by a study of nature. [xxv]

Trois œuvres ont été particulièrement remarquées.
C’est notamment le cas de La Prêtresse d’Isis de Cordier :
« The Priestess of Isis, by Charles Cordier, in the rotunda in the Memorial Hall, in parti-colored bronze and enamel, is not only noteworthy because of its refined modeling, but because of the genuinely artistic manner in which the artist has used a variety of tints of bronze to suggest, rather than to imitate, nature. There is a well-grounded prejudice against part-colored statuary, but this beautiful work is so satisfactory that it suggests the idea that the prejudice is, to a certain extent, at least, ill-founded and that in the hands of a sculptor who knows how to use them, different colors may be used with the happiest results under certain circumstances. [xxvi]››
C’est également la seule sculpture française décrite en détail par Dale dans son ouvrage What Ben Beverly saw at great exhibition, ce qui témoigne du fait qu’il l’a particulièrement appréciée [xxvii].

Un engouement plus grand encore est visible pour Un secret d’en-haut de Moulin. Le journal The Nation qualifie cette œuvre de « best statue [xxviii] », tandis que le Evening Telegraph souligne la capacité de l’artiste à suggérer l’antique sans l’imiter. Cette sculpture fait également l’objet d’une longue et élogieuse description, ainsi que d’une reproduction gravée dans l’ouvrage The Masterpieces of the Centennial exhibition :
The elastic poise of the Mercury […]indicates admirably the levity of the messenger-god; it seems to be with difficulty that his figure can touch the earth. Bending gently, he confides his communication to a terminal image of a satyr, which will presently be consulted as an oracle by some credulous mortal. We can fancy the answer, quite satiric, which the grinning figure will give. The form of Mercury in this bronze is really a masterpiece of simplicity and grace. The natural every-day action of the hand which confindes the caduceus, the expressive pointing movement of the other hand, the whole play and gathering in of the slender young muscles which slip into each other and give the body a sinuous ease and archiing grace as of an erecting serpent, are truly beautiful and rare. Among the very great number of excellent studies of adolescence achieved by modern French sculptors, this elegant figure deserves to keep a high rank. [xxix]

Enfin, Le Jeune Vigneron de Bartholdi (ill. 7) bénéficie également de nombreuses remarques, plus nuancées. L’artiste serait « né pour pétrifier le monde d’étonnement » et « forme une exposition dans l’exposition » à Philadelphie pour les auteurs du livre The Masterpieces of the Centennial exhibition [xxx]. Les journalistes sont en revanche plus sceptiques. Pour The Evening Telegraph, Le Jeune Vigneron est une œuvre de mérite, mais pas aussi révélatrice du style de l’artiste que ne peuvent l’être le Génie funèbre ou le groupe de la Paix [xxxi]. De même, le journal Ledger and Transcript critique la manière dont le jeune garçon boit à son tonneau pour son côté irréaliste [xxxii].

Les autres sculptures font l’objet de mentions plus rares et plus succinctes, à la fois dans les journaux et dans les guides rédigés par des amateurs, selon la sensibilité de chaque auteur, parmi lesquels le buste de MacMahon de Gustave Crauk, le buste du Dr Auzoux de [Marquet de] Vasselot, Une bacchante jouant avec une panthère de Caillé, La Femme adultère de Cambos ou encore La Fileuse de Mégare de Barrias [xxxiii].

LE DEVENIR DES SCULPTURES FRANÇAISES

                Il est très difficile de savoir quel a été le devenir des sculptures françaises à l’issue de l’exposition de Philadelphie, car les archives de la ville ne conservent aucun document à ce sujet, pas plus que les archives françaises. Il semble néanmoins que certaines œuvres soient retournées en France, alors que d’autres ont pu être achetées par des Américains.

Bartholdi, Jeune vigneron, Philadelphie, Drexel University
Le Jeune vigneron
de Bartholdi (ill. 7) est la seule sculpture dont l’histoire soit connue avec certitude. Elle a été acquise par Anthony J. Drexel, fondateur du Drexel Institute of Art, Science and Industry à Philadelphie, dont une aile a été aménagée en musée pour l’Institut. Aujourd’hui, Le Jeune vigneron est toujours exposé dans le bâtiment principal, au rez-de-chaussée. La base de la sculpture porte le nom de Bartholdi sur la face et celui de Barbedienne, le fondeur, à l’arrière. La disparition de la patine sur son pied gauche témoigne d’une tradition perpétuée par les étudiants de l’Institut, qui croient que toucher le pied de la statue leur apportera de bonnes notes.

Cecioni, Enfant au coq, Philadelphia Museum of Art
Le Philadelphia Museum of Art conserve également un exemplaire de L’enfant au coq de Cecioni [xxxiv] (ill. 8), exposé pour la première fois à Paris au Salon de 1872. Cet artiste d’origine florentine connaît une réputation internationale dans les années 1870. Il est une figure centrale du nouveau mouvement italien appelé Verismo (Réalisme). Il choisit des sujets de la vie quotidienne et fait preuve d’une remarquable technique. Cette scène de L’Enfant au coq peut paraître triviale à première vue, mais il s’agit en réalité d’une référence très moderne au Putto au dauphin de Verrocchio au Palazzo Vecchio de Florence. Cette sculpture évoque également les marbres hellénistiques montrant des enfants luttant avec des oies. Elle présente la marque du fondeur français Louis Martin et porte une inscription faisant référence à l’Exposition universelle de Vienne en 1873 : « Médailles Wien ». L’œuvre a été acquise en 2001, suite à un don de Monsieur et Madame Stewart A. Resnick. Son historique antérieur n’est pas connu, et il pourrait s’agir de l’exemplaire exposé en 1876 ou de l’un des nombreux autres exemplaires qui existent sur le marché de l’art.

Itasse, Enfant à l'escargot, San Marino, Huntington
Enfin, un marbre de L’Enfant à l’escargot d’Itasse (ill. 9) est conservé à la Huntington Library, Art Collections, and Botanical Gardens à San Marino, Californie, sans que l’on puisse affirmer que ce soit l’exemplaire de l’Exposition de Philadelphie.

SOURCES

Bureau international des expositions, Paris
Exposition internationale Philadelphie, 1876 : France – Œuvres d’Art et Produits industriels. Paris : commissariat général, hôtel de Cluny, rue du Sommerard, 1876. 463 p.
Exposition internationale Philadelphie, 1876 : France – Rapports. Paris : commissariat général, hôtel de Cluny, rue du Sommerard, 1876. 582 p.

Archives municipales, Philadelphie
230.2 : Correspondence and papers, 1872 – 1877.
230.4 : Register, diplomas and medals awarded, 1877 – 1878.
230.6 : Newspapers and magazines, 1872 – 1877.
230.7 : Catalogues and guide books, 1875 – 1879.
230.8 : Executive Committee, final report of director-general, 1878.
230.18 : Bureau of Awards, correspondence and papers, 1875 – 1877.
230.19 : Bureau of Awards, reports of awards, 1876.
230.20 : Bureau of Catalogue and classification, catalogue information sheets.
230.22 : Bureau of Fine arts, applications for space, 1876.
230.23 : Bureau of Fine arts, official catalogue, department of art, 1876.
230.24 : Bureau of Fine arts, supply requisitions, 1876.
230.25 : Bureau of Fine arts, exhibits removed from Photographic Hall, 1876 – 1877.
230.26 : Foreign bureau, foreign correspondence, 1874 – 1878.
230.27 : Foreign bureau, foreign commissions, 1875 – 1876.
230.31 : Bureau of Transportation, correspondence and papers, 1874 – 1876.
231.21 : Centennial photographic company, photographs, 1876.

Bibliothèque de Philadelphie
Dale, John Thomas. What Ben Beverly saw at great exhibition. Chicago: Warren, 1877.
Fairmount Park Association. Sculpture of a city: Philadelphia’s treasures in bronze and stone. New York: Walter Pub. Co., 1974.
Leslie, Frank. Frank Leslie’s illustrated historical register of the Centennial Exposition, 1876. German ed.
McCabe, James Dabney. The illustrated history of the Centennial exhibition. Philadelphie: The National publishing co., 1876.
Norton, Frank H. Illustrated historical register of the Centennial exhibition, Philadelphia, 1876, and of the Exposition universelle, Paris, 1878. New York: The American news company, 1879.
Sandhusrt, Phillip T. The great Centennial exhibition. Philadelphie: P.W. Ziegler & Co, 1876.
Shim, Earl; Smith, Walter; Wilson, J.M. The masterpieces of the Centennial exhibition. Philadelphie: Gebbie and Barrie, 1876.
Westcott, Thompson. Centennial portfolio: a souvenir of the international exhibition at Philadelphia, comprising lithographic views of fifty of its principal buildings. Philadelphie: T. Hunter, 1876.


[i] Exposition internationale et universelle de Philadelphie, 1876 : Rapports, p. 34.
[ii] Exposition internationale et universelle de Philadelphie, 1876 : Rapports, p. XXXI.
[iii] Philadelphie, Archives de la ville ; série 230.6, vol. 34.
[iv] Exposition internationale et universelle de Philadelphie, 1876 : Rapports, p. XXXI-XXXII.
[v] Exposition internationale et universelle de Philadelphie, 1876 : Rapports, p. XXXII-XXXIII.
[vi] Philadelphie, Archives de la ville ; série 230.6, vol. 34.
[vii] Zigzags à la plume à travers l’art, n° 5, 28 mai 1876, p. 13.
[viii] Exposition internationale Philadelphie, 1876 : France – Œuvres d’art et produits industriels. Paris, Commissariat général, hôtel de Cluny, rue du Sommerard, 1876, p. 163-174.
[ix] International exhibition. 1876. Official catalogue, Philadelphie : John R. Nagel and Company, 1876, p. 34-35.
[x] Annexe 1.
[xi] Annexe 2.
[xii] Fairmount Park Association. Sculpture of a city: Philadelphia’s treasures in bronze and stone, New York, Walker Pub. Co., 1974, p. 81.
[xiii] Annexe 3.
[xiv] Exposition internationale et universelle de Philadelphie, 1876 : Rapports, p. XXXIII-XXXV.
[xv] Philadelphie, Archives de la ville, série 230.6, vol. 17 – 26: The Daily Times. 5 juin 1876.
[xvi] Official Catalogue of the US International Exhibition. 1876. Edition révisée, p. 72-81 ; Annexe 4.
[xvii] Philadelphie, Archives de la ville ; série 230.6, vol. 17-26.
[xviii] McCabe, James Dabney. The illustrated history of the Centennial Exhibition. Philadelphia, The National Publishing co., 1876, p. 523.
[xix] Annexe 5.
[xx] Norton, Frank H. Illustrated historical register of the Centennial exhibition, Philadelphia, 1876, and of the Exposition universelle, Paris, 1878, New York, The American news company, 1879, p. 232 ; Annexe 6, document a.
[xxi] Leslie, Frank. Frank Leslie’s illustrated historical register of the Centennial Exposition, 1876. German ed., p. 144; Annexe 6, document b.
[xxii] Exposition internationale et universelle de Philadelphie, 1876 : Rapports, p. 507.
[xxiii] Philadelphie, Archives de la ville ; série 230.22.2 : Published reports of Awards, p. 15.
[xxiv] Philadelphie, Archives de la ville ; série 230.6, vol. 17-26 : Ledger and Transcript, 10 novembre 1876.
[xxv] Philadelphie, Archives de la ville ; série 230.6, vol. 17-26 : Evening Telegraph, 16 octobre 1876.
[xxvi] Philadelphie, Archives de la ville ; série 230.6, vol. 17-26 : Evening Telegraph, 16 octobre 1876.
[xxvii] Dale, John Thomas. What Ben Beverly saw at great exhibition. Chicago: Warren, 1877, p. 290.
[xxviii] Philadelphie, Archives de la ville ; série 230.6, vol. 17-26 : The Nation, 12 octobre 1876.
[xxix] Shim, Earl ; Smith, Walter ; Wilson, J.M. The Masterpieces of the Centennial exhibition. Philadelphie: Gebbie & Barrie, 1876, p. 117-120 ; Annexe 7.
[xxx] Op. cit., p. 306 ; Annexe 8.
[xxxi] Philadelphie, Archives de la ville ; série 230.6, vol. 17-26 : Evening Telegraph, 16 octobre 1876.
[xxxii] Philadelphie, Archives de la ville ; série 230.6, vol. 17-26 : Ledger and Transcript, 10 novembre 1876.
[xxxiii] Annexe 9, documents a et b.
[xxxiv] Annexe 10.

Illustrations :
1. International Exhibition 1876. Official Catalogue. Art Gallery and Annexes, ninth and revised edition, Philadelphia, published for the Centennial Catalogue Company, John R. Nagle & Co., 1876.
2. Frédéric-Auguste Bartholdi, Bras, main et torche de la Statue de la Liberté (ph. Wikimedia Library of Congress)
3. Frédéric-Auguste Bartholdi, Fontaine de l’Eau et de la Lumière, aujourd’hui à Washington, D.C. (ph. Wikimedia Daderot)
4. Memorial Hall, aujourd’hui Please Touch Museum, Philadelphie (ph. Wikimedia Davidt8)
5. Plan du Memorial Hall et de l’Annexe (ph. Camille Jolin, 2013)
6. Galerie E du Memorial Hall, d’après Frank H. Norton, Illustrated historical register of the Centennial exhibition, Philadelphia, 1876, and of the Exposition universelle, Paris, 1878. New York: The American news company, 1879, p. 232 (ph. Camille Jolin, 2013)
7. Frédéric-Auguste Bartholdi, Le Jeune vigneron, Philadelphie, Drexel Collection (ph. Wikimedia Daderot)
8. Adriano Cecioni, L’Enfant au coq, Philadelphia Museum of Art (ph. Camille Jolin, 2013)
9. Adolphe Itasse, L’Enfant à l’escargot, San Marino, Huntington Library, Art Collections, and Botanical Gardens (ph. Huntington Library)